Rapport – Disparités régionales : 53,2% de la population du gouvernorat de Kasserine souffre d’analphabétisme

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L’Institut Tunisien de la Compétitivité et des Etudes Quantitatives (ITCEQ) vient de publier un rapport intitulé « Tableau de Bord Social : Tendance Régionale de l’inclusion sociale ».

L’inclusion sociale constitue un facteur significatif intervenant dans le développement des sociétés, cette notion est liée aux processus d’insertion sociale et d’intégration économique, et à la recherche de participation sociale, culturelle et civique des personnes et groupes sociaux, indique le rapport.

L’émergence d’une nouvelle société rend nécessaire la révision et la mise à jour de l’inclusion sociale comme référent normatif et comme projet politique, souligne-t-on. Malgré les importants progrès qu’elle a réalisés dans le cadre de la lutte contre l’exclusion sociale, la Tunisie compte un taux de chômage de 17.8%, un taux de pauvreté relative de 20%, un taux de pauvreté extrême de 4.5% et un niveau d’inégalité de revenu de 0.37, assure l’ITCEQ.

Sous cet angle et au volet social, le rapport de l’ITCEQ assure que la part de la population qui a un niveau d’éducation supérieur varie disproportionnellement d’un gouvernorat à un autre. Elle varie de 6.7% au gouvernorat de Kasserine à 23.3% au gouvernorat d’Ariana. Quant à la part de la population qui a un niveau primaire et secondaire, elle est d’environ 70% par gouvernorat.

Par ailleurs, le gouvernorat de Kasserine a le taux d’analphabétisme le plus élevé en Tunisie soit 52.3% de la population. Le gouvernorat est au bas de l’échelle en termes d’indice de développement régional et il représente la région marginalisée type en Tunisie du fait de la détérioration de l’ensemble de ses indicateurs, à ce titre.

Les chiffres officiels montrent que Kasserine a l’indice de développement régional le plus bas (0.16 ; contre 0.76 à Tunis). La région est marquée par un taux de chômage particulièrement élevé (26,2% ; contre 17,6% au niveau national). Si l’on examine l’Indicateur de développement Humain (IDH), qui inclut notamment la prise en compte du niveau de vie, la zone du centre-ouest (incluant Kasserine) a le taux IDH le plus bas, comparativement aux régions du littoral où l’IDH est supérieur à la moyenne nationale. Par ailleurs, les régions du centre-ouest apparaissent comme les plus touchées par la pauvreté (plus du double de Grand Tunis).

Kasserine est également marquée par une faible densité des petites et moyennes entreprises (0.2 contre 3.1 à Tunis) : 90% des entreprises privées est concentré dans le littoral, et les industries manufacturières ne sont importantes que dans les régions littorales. De façon générale, les régions du centre-ouest connaissent une absence d’activité économique importante.

Situé dans le centre-ouest, le gouvernorat de Kasserine qui s’étend sur une superficie de 8 260 km 2, et dont la population est de 439 243 habitants en 2014, vit presqu’exclusivement sur l’activité agricole et d’autres activités marginales.

Très peu d’efforts ont été consentis au profit du secteur agricole ce qui n’a pas permis à la région d’enregistrer des résultats probants sur le plan de la production agricole qui assure à peine 5 % de la valeur de la production agricole totale et 4 % de la valeur ajoutée agricole du pays.

Selon plusieurs rapports et études tunisiens et internationaux, Kasserine apparaît comme l’une des régions qui ont le plus souffert d’un retard substantiel et persistant de développement à divers niveaux (économique, social, humain), en comparaison avec d’autres régions, voire sur le plan national.

Ces rapports et analyses sont fondés sur les données objectives de plusieurs indices socioéconomiques (dont l’Indice de Développement Humain, l’Indice de Pauvreté Humaine et l’Indice de Développement Régional). L’analyse de ces indicateurs permet de déduire des discriminations et désavantages et/ou des déficits en termes d’accès à des droits ou services dont Kasserine fait l’objet.

Ces désavantages et/ou déficits touchent notamment au développement économique, à l’accès à l’emploi et à un niveau de vie décent, au niveau de pauvreté, à l’accès aux services publics et aux infrastructures, à la santé et à l’éducation. Par ailleurs, ces désavantages ou déficits se sont accumulés, voire aggravés au cours du temps, démontrant ainsi leur caractère aigu et persistant.




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Source: tunisienumerique